Aujourd’hui je vous emmène a la découverte d’une partie de la Camargue (delta au sud de la France jonché d’étangs, de lacs et occupé par une diversité rarement égalée de faune et de flore) : la Camargue Gardoise.

Entre le Petit Rhône à l’est, le Vidourle à l’ouest le plateau des Costières au nord et bien sur la mer Méditerranée au sud ce bout de Camargue aussi appelé la petite Camargue s’étend sur une superficie de 420 km². Camargue,_Petite_Camargue_et_Parc_naturel_reg

Les villes de cette partie de Camargue répondent à un grand choix de gout. Vous pourrez profiter des remparts de la cité fortifiée d’Aigues-Mortes, du village de pêcheur du Grau-du-Roi ou de Port-Camargue et de sa station balnéaire.

Les remparts d’Aigues-Mortes
Le port du Grau-du-Roi
Une vue de Port-Camargue

Cette région offre une diversité incomparable de plantes et d’animaux

LA FLORE

La richesse de la végétation camarguaise provient de l’influence de l’eau et du sel. En effet l’eau d’irrigation adoucit le nord du delta alors que l’eau de mer introduite dans la partie sud pour la production du sel accroît la salinité du sol. Dans ces conditions, au sud, les plantes qui s’accommodent aux milieux salés sont prédominantes. Sur les sols moins salés, une végétation aquatique très riche s’est installée.

Un exemple typique de végétation camarguaise

LES OISEAUX

Située sur l’axe de migration entre le nord de l’Europe et l’Afrique, la Camargue est une halte migratoire importante pour de nombreux oiseaux d’eau et canards, ce qui en fait un site d’observation ornithologique hors pair. Plus de 150 000 oiseaux représentant plus de 250 espèces différentes transitent par la Camargue pendant leur migration ou y vivent tout au long de l’année. L’observation des oiseaux se fait au rythme des saisons. Lors des longues et belle journées ensoleillées de printemps, les oiseaux migrateurs reviennent d’Afrique. Ils s’arrêtent en Camargue pour se reposer et faire le plein de nourriture avant de continuer leur route vers le nord de l’Europe. Pour les espèces vivant en Camargue, la période de nidification commence. C’est alors le meilleur moment pour observer les parades nuptiales et la construction des nids en vue de la période de reproduction qui arrive avec l’été. Une centaine d’espèces d’oiseaux nichent en Camargue durant la saison estivale. De nombreux oiseaux comme le flamant rose ont pour habitude de se regrouper en colonies sur des îlots aux abords des étangs. Les arbres ayant servi à la nidification font maintenant office de dortoir. Les jeunes commencent à s’émanciper et se regrouper en vue de la future migration automnale. Parmi tous ces oiseaux, l’espèce la plus représentative de la Camargue est le flamant rose, qui est présent toute l’année dans la région.

LE TAUREAU CAMARGUAIS

Il existe deux races de taureaux présentes en Camargue. Le raço di biou (nom occitan) est présent en Camargue depuis la plus haute Antiquité. Ils vivent en manade (troupeau) de 150 à 300 têtes sur des terres impropres à la culture et se nourrissent principalement de roseaux et salicornes. Son pelage est brun foncé et ses cornes se dirigent verticalement vers le ciel en formant une lyre, ce qui en fait sa caractéristique principale. Le meneur du troupeau, le « simbeù » est un taureau castré portant le « redoun », cloche dont le son guide la manade. Ils sont élevés notamment pour fournir les taureaux qui serviront aux jeux dans les arènes et aussi pour la consommation de leur viande. Cet animal est petit et léger comparé aux autres races de taureaux ce qui lui confère une aptitude prédominante pour la course. Le taureau de Camargue est la seule race considérée en Europe comme étant encore sauvage. On dénombre 20 000 têtes suite au recensement de 2011. La race Brave ou de combat est quant à elle originaire d’Espagne et a été introduite en Camargue en 1869. Moins nombreux (environ 6 000 têtes) ces taureaux sont élevés en troupeau appelé ganaderia dans l’est du delta et sont exclusivement destinés à la corrida avec mise à mort. Ses cornes sont par contre dirigées vers l’avant contrairement à la race Camargue. L’élevage des taureaux de Camargue se fait en liberté. D’avril à novembre ils se nourrissent dans la partie humide du delta au sud et remontent pour l’hiver dans les zones périphériques non inondables. Comme les poulains, les jeunes veaux âgés d’un an sont marqués au fer rouge, c’est ce qu’on appelle la ferrade. Elle permet à l’éleveur d’identifier ses propres bêtes et d’assurer la sélection et le suivi des familles, le cheptel camarguais étant soumis à un contrôle strict. C’est aussi l’occasion d’une grande fête avec les gardians. Durant toute sa vie, le taureau aura peu de contacts avec l’homme, seulement pour la ferrade, lors du regroupement des troupeaux pour la vente et lorsque le gardian veille à la bonne santé de sa manade. Le tri du bétail va permettre aux gardians de tester les animaux qui serviront à la course traditionnelle Camarguaise, de soigner ou bien de les mener à l’abattoir. Le tri du bétail est délicat et nécessite que les gardians aient une maîtrise parfaite de la monte à cheval afin d’écarter l’animal sans heurts et sans le blesser. Les taureaux inaptes aux jeux dans les arènes sont destinés à la consommation de leur viande, qui est de couleur rouge sombre et maigre, apparentée à du gibier. La viande de taureau bénéficie depuis 1996 d’un label Appellation d’Origine Contrôlée. Elle est fréquemment utilisée dans les recettes traditionnelles Camarguaises comme la gardiane, sorte de ragoût